HISTORIQUE

LES RACINES

sidérurgieL'APEI de la Vallée de l'Orne est née de l'initiative collective de familles issues du milieu des cadres de la sidérurgie.

Ces familles ont été confrontées directement à l'enfance handicapée. Elles ont été interpellées sur le sens de la vie, sur le maintien d'une espérance au-delà du handicap et sur les enjeux de leur responsabilité éducative. Elles ont appris à accepter le réel de leur situation. Elles se sont ensuite mobilisées pour pallier les carences des pouvoirs publics de l'époque.

La vitalité collective de l'APEI de la Vallée de l'Orne s'est inscrite dans les potentiels de ses fondateurs ; solidité vitale, obligation de jouer collectif, capacités d'initiatives et d'innovation, concrétisation du projet.

 

L'ANCRAGE DANS LA DUREE

Mme Laurichesse

Mme Vigneron

Mme Marie-Louise LAURICHESSE
Fondatrice et ancienne présidente APEI
Mme Elise VIGNERON
Fondatrice APEI

Dès le démarrage de l'Association, les initiatives se multiplient. Les familles cherchent des solutions pour la prise en charge de leurs enfants handicapés : soucis de trouver un lieu d'implantation, de disposer de bâtiments pour les différentes activités, de s'adapter aux besoins des enfants qui deviennent des adolescents, puis des adultes...

On mobilise collectivement les solidarités, les soutiens. On met son cœur et ses énergies dans les premières réalisations. Très vite, des compétences professionnelles sont requises car les démarches affluent, les besoins s'expriment.

Les administrateurs s'investissent pour mettre en place un réseau commercial, afin de soutenir un développement rapide. La complémentarité bénévoles / salariés s'installe aisément. Les patrons de la sidérurgie vont être les premiers à se montrer solidaires de la démarche de développement de l'APEI de la Vallée de l'Orne.

L'association déploie successivement un IMP en 1962, puis un IME en 1977, un des plus performants de la région. Une construction architecturale innovante, avec intégration d'une piscine. Le projet éducatif construit autour de la prédominance de l'approche médicale et psychologique prend consistance. Les apprentissages scolaires et les savoirs faire sont primordiaux.

Equipe APEIParallèlement, un SESD (appelé SESSAD au- jourd'hui) est mis en place, un des premiers au niveau national. Les éducateurs interviennent auprès des enfants au sein de l'établissement, à domicile où dans les écoles. Dans la même dynamique, le travail, et son corollaire l'insertion professionnelle, s'inscrivent rapidement dans le champ des visées de l'Association. Les premières places en CAT s'ouvrent en 1970. Le travail est considéré comme un facteur de reconnaissance de l'utilité sociale de la personne, de son autonomie et de sa dignité.

Cette vitalité, certains pourraient penser à du « sur activisme », est stimulée par la nature même des bénévoles, cadres de la sidérurgie, adossés à un désir très fort de mettre en place les moyens nécessaires. Les publics accueillis doivent accéder à une vie à part entière.

 

L’OUVERTURE A L’INTERPELLATION

Ouverture 3Un travers, inhérent aux personnes qui subissent un « malheur », va s'installer dans la démarche. Avoir un enfant handicapé peut donner aux parents, un sentiment de culpabilité. Il a été difficile à repérer parce qu'il est caché au plus profond des êtres humains. Dès lors, on s'efforce de faire toujours plus, presque l'impossible comme s'il nous fallait à tout prix prouver notre dignité, notre valeur humaine, notre droit au respect face au regard supposé des autres.

Dans les échanges entre administrateurs et professionnels de l'APEI de la Vallée de l'Orne, cette question a été abordée, dans un grand respect, mais aussi sans détour. La dignité humaine, notre dignité humaine ne dépend pas d'abord du regard de l'autre, mais de l'estime de soi. Au-delà, notre réflexion nous a permis collectivement de structurer, d'étayer la perception collective de la personne handicapée mentale comme personne à part entière. Et, donc, de réduire la pression du regard des autres.